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Projet de construction d'Ecole et de Mairie
"Plus les hommes seront éclairés... plus ils seront libres...
" (Voltaire). (p75)
C'est un grand projet qui va mettre beaucoup de temps à se réaliser de 1854 à 1895. On étudie, on révise, on repousse, et pour finir, le beau bâtiment ne se fera pas ! Les écoles communales existent depuis la convention, mais elles ne fonctionnent à "plein" (à 4 écoles) qu'à partir de 1802. Elles sont réparties en deux confessions différentes catholique et protestante, filles et garçons, avec enseignants de même religion. Il y a 60 enfants dans ces 4 classes. Au cours d'une visite de l'Inspecteur d'Académie, le 19 Juin 1854, qui constate la surcharge et la vétusté des locaux, est envoyée à la Mairie une mise en demeure d'améliorer cette école ; on suggère même la construction de nouveaux locaux.
Deux ans s'écoulent. Une première étude est faite. Des plans et devis sont établis par l'Agent Voyer, le prix s'élève à 14 868 francs. Le Conseil approuve à'l'unanimité. Le Préfet donne son accord, on achète le terrain à la Baraquette au Sieur Ribard (actuelle Mairie), en Mars 1857 pour la somme de 10 000 francs. Les fonds ? On pense se les procurer en vendant une coupe de bois 5 000 francs, en empruntant 3000 francs auprès de la Caisse des Ecoles, plus en faisant un deuxième emprunt payable en 10 ans.
C'est alors que commencent les palabres... L'enthousiasme n'est plus le même,
on réfléchit beaucoup trop. Cette école avec sa Mairie
ne plaît plus autant qu'il y a trois ans... On découvre :
Que dans ce bâtiment, qui sera construit d'un rez-de-chaussée seulement
(Mairie au centre et une école de chaque côté), la salle
du conseil (située au
rez-de-chaussée) risque de gêner en délibérations,
et "de voir et d'entendre les curieux". Les murs d'enceintes sont
trop importants, ils font figure de forteresse...
Que la citeme pour servir d'eau potable aux écoles et aux instituteurs
est située sur un terrain mouvant...
Bref ! Plus personne ne veut de ce bâtiment. L'Agent VOYER JAUJON se
fâche, se plaint au Préfet d'où l'intervention de ce demier.
Le plan est revu et corrigé, on va surélever cet ouvrage qui par
la suite subira encore d'autres transformations. Deux ans de plus de perdus
pour étudier ces transformations, alléger les devis devenus trop
lourds, afin que la somme initialement prévue soit respectée.
Les travaux commencent en Décembre 1858. Ils comprennent bien la construction de deux écoles de garçons catholique et protestante, une salle d'accueil (situées au rez-de-chaussée), les jardins de l'instituteur et cours de récréation. Au premier étage, la salle du conseil avec les dépendances de la mairie et le logement des deux instituteurs communaux, catholique et protestant. "Les anciennes écoles auront pour vocation l'enseignement aux filles avec la même séparation confessionnelle que celle des garçons."
Mais revenons à nos quatre écoles existantes au quartier de l'Eglise (Maison Bertrand). Avec le projet de nouvelle construction, elles ont été délaissées de travaux d'entretien pendant quatre ans. Elles ont sérieusement besoin de réparations et d'ampleur. C'est ainsi que l'on prévoit la remise en état du bâtiment, construction de fenêtres pour ajourer les salles de classe, l'aménagement de la salle du conseil pour servir de logement aux soeurs religieuses (enseignantes de filles), qui en définitive ne seront jamais logées dans cette salle car celle-ci sera récupérée pour l'agrandissement de classes, mais dans une autre située au rez-de-chaussée.
Le 15 Mai 1850, le Comité Paroissial de l'Eglise réformée
demande que lui soit "affermée" la partie du presbytère
protestant restant disponible, pour y installer les écoles protestantes
et les instituteurs. Ce presbytère abrite le pasteur. Pierre GARRIC le
Maire refuse pour la raison suivante : "les locaux ayant été
construits avec une certaine élégance, tapisseries aux murs, cheminées
de marbre seraient en peu de temps dégradés, si on les livrait
aux enfants. Il en est de même pour le parterre fleuri et les arbres fruitiers
qui s'y trouvent, tout cela serait également détruit et ravagé
à la suite du passage des écoliers." Les familles protestantes
ont fait une pétition auprès du Préfet et celui-ci demande
une inforrnation plus approfondie au maire. La réponse de Monsieur
GARRIC est la même que celle donnée aux familles : "Le
refus de ce bail est justifié pour la raison suivante, ce bâtiment
a été construit pour servir de logement au ministre protestant
et uniquement pour cela".
"Cette réalisation prendra effet lorsque les écoles nouvelles des garçons pourront être transportées dans ses nouvelles constructions, et s'en suivront les réparations prévues", nous dit cette délibération en date de 1859.
Nous ne connaissons pas le jour exact (1859) de l'arrivée de ces deux
soeurs religieuses à Cazilhac, mais nous savons que peu de temps après
la formation de ces quatre écoles, la population catholique avait émis
le souhait que l'enseignement des filles catholiques soit dispensé par
des soeurs
religieuses. Réaction sans surprise de la population protestante... Elle
émet le même souhait et exige une institutrice de sa religion.
Le Conseil ayant délibéré dans ce sens, il avait attribué
la somme de 1 260 francs à l'instruction protestante pour l'année
et, compte tenu du logement, anribuait la somme de 900 francs aux deux soeurs
(loyer 360 francs, ce qui nous parait un peu élevé).
On a imaginé l'école des garçons, à la Baraquette en 1860, et très vite on s'aperçoit qu'il manque un asile (école maternelle), pour accueillir les enfants en bas âge. On achète une parcelle de terrain (attenante) à Maurice JACQUES pour y constmire cet autre bâtiment (qui ne se fera jamais). On a beaucoup de mal à réaliser le projet initial qui a dépassé largement le coût prévu (11 70 francs en plus).
Mais on va améliorer aussi l'état de l'école des filles
à l'église. En 1863, on achète 40 ares de terrain au Sieur
Casimir CAMBON pour la somme de
850 francs, pour y construire cour et préau et le four communal qui par
la suite "enclavera et privera de jour l'habitation des soeurs".
En 1877, on rehausse les murs du préau et celui du bâtiment, la cour du presbytère et de l'école pour servir de classe supplémentaire. Il y a 105 enfants en âge scolaire, 44 garçons, 36 filles, 25 enfants en bas âge.
En 1881 lors d'une visite, l'Inspecteur d'Académie rédige un
rapport sevère sur l'école des garçons : "Absence
de préau, cour de récréation trop petite, école
des garçons incomplète (classe de 40 places) délabrement
des lieux, menace d'effondrement des plafonds, etc... " Le Conseil mandate
Monsieur CAUSSE, architecte de la ville de Ganges, qui constate l'état
des lieux et confirme les dires de l'Inspecteur. Après étude,
il s'avère que les réparations coûteront fort cher (sans
précision de chiffres) et l'architecte propose la démolition du
bâtiment et la constmction d'un autre avec asile incorporé, plus
éloigné du chemin à grande communication avec Ganges, laissant
sur le devant un large espace pour la place publique (ce qui est l'inverse actuellement).
Les plans sont établis, le montant du devis de Monsieur CAUSSE est de
39 300 francs. Nous devinons pourquoi ce beau bâtiment ne s'est jamais
construit, malgré l'accord du préfet et l'étude de remboursement
faite au préalable.
Comment peut-on réaliser qu'une école avec mairie, construite il n'y a même pas 25 ans soit dans un pareil état de délabrement. Difficile à comprendre!
Depuis quelque temps, Paul GOUNELLE, qui est maire, a nettement formulé le désir d'abolir les écoles religieuses afin qu'elles soient remplacées par deux autres entièrement laïques. Le 23 Janvier 1881, le Conseil ne se prononce pas en sa faveur, le vote est nul 5 voix pour, 5 voix contre.
Par la suite, il revient à la charge et explique très sagement à son Conseil "qu'il faut en terminer avec ses querelles confessionnelles, qui ne font que diviser la population et qu'il est bon de prendre cette décision, qui s'impose..."
Son Conseil le suit et le rejoint dans cette laïcisation et fusion d'écoles, sans distinction de culte, le rejoint également dans son projet de nouvelle construction, "Mairie-Ecole-Asile", et donne son accord pour une subvention de 100 francs au Pasteur et 100 francs au Curé pour l'enseignement religieux en dehors des heures de cours.
On supprime les murs d'enceinte sur les côtés, à la suite
des plaintes des habitants, gênés pour aller aux abreuvoirs publics
avec leurs troupeaux (place
publique). Le projet trop onéreux du bâtiment, ne s'étant
pas réalisé, on va se contenter d'améliorer, de restaurer,
de surélever, de démolir et de reconstruire, et on va dépenser
30 800 francs que l'on remboursera pendant 30 ans.
En 1887, le traitement des enseignants est le suivant :
Pour les filles :
Enseignante catholique (absencé de soeurs) : 900 francs
Enseignante protestante : 00 francsPour les garçons :
Enseignant catholique + cours adulte :1 500 francs
Enseignant protestant : 900 francsLes cours du soir donnés aux adultes étaient ofllerts gracieusement par la Mairie.
A nouveau le manque de document nous prive d'explications de l'absence de ces
deux soeurs. Ont-elles quitter leurs habits religieux ou échanger obligatoirement
leur appellation de "soeurs" contre "Mademoiselle", suite
à la laïcisation qui sévit en France ? Nous savons que le
projet de loi présenté par Jules FERRY en mars 1879, dans son
article 7, interdit à tout membre d'une congrégation l'enseignement
public ou privé.
Le, 29 mars 1880, Jules FERRY oblige les congrégations à demander
l'autorisation du Gouvernement pour l'enseignement. Toutefois faute de personnel,
cette application intégrale des décrets ne sera pas appliquée
aux congrégation de femmes. C'est la raison pour laquelle, quelques années
plus tard, Monsieur de RODEZ BENAVENT ouvre sa première école
privée en novembre 1894. Elle est officialisée en 1902 avec une
demande d'ouverture par Soeur Rosalie (directrice de l'école).
En 1889 un achat de terrain est effectué par la Mairie à Madame
Louise Esther GERMIAUD, veuve RIBARD, d'une contenance de 33 ares pour la
somme de 2 500 francs, en vue d'agrandir la place publique. Une plantation d'arbres
y est faite peu de temps après. C'est seulement à la rentrée
du 1er Octobre 1895 que ce bâtiment sera terminé de rénovations
et qu'il verra la fusion des 4 écoles publiques (divisées en deux
religions) en deux écoles laïques, une pour les filles, une pour
les garçons. C'est seulement sept ans après que va s'ouvrir l'école
privée St-Joseph avec Soeur Rosalie SOLIGNAC, autorisation d'ouverture
accordée par la Mairie le 20 Octobre 1902 (le bâtiment appartenait
à Monsieur de
RODEZ).
Le 28 Août 1898, on procède avant la rentrée des classes
au changement de l'institutrice catholique, Mademoiselle LABORIE, chargée
de
l'enseignement aux filles protestantes, par une autre de même religion
que les élèves. Monsieur Barthélémy FESQUET, le
maire, approuve ce changement et considère : "qu'une institutrice
protestante sera mieux dans la situation en rapport avec les enfants"
Une belle page de l'histoire, intéressante, que nous venons de parcourir, au sujet de nos écoles...
Petit retour en arrière.
Nous sommes sous le règne de Napoléon III, la fête nationale se célèbre le 15 Août au lieu du 14 Juillet. "Sur ordre de sa Majesté Impériale est attribuée ce jour-là, une distribution gratuite de pain et de viande, aux indigents du village... mais avec l'argent de la commune."
20 Mai 1853, premier projet de construction du nouveau pont Ganges-Cazilhac à péage. Réactions spontanées de la population et délibération du Conseil qui s'en suit : "bien fondé sur le pont qui facilitera les meilleurs rapports, d'échanges existants avec Ganges, mais pas d'accord sur le péage."
Une importante subvention est octroyée par le Conseil Général pour terminer le plus tôt possible les routes à moyennes et grandes circulations, participation de la Mairie à concurence de 1 285 francs, plus les prestations de services. Il est utile de savoir, qu'à cette époque, les prestations de services gratuits étaient obligatoires pour les propriétaires riverains des chemins ruraux appartenant à la commune. Cela pénalisait les plus petits d'entre eux, très souvent salariés, les plus importants perdaient quatre à cinq journées de travail minimun par an. Dans sa séance du mois de Mars, le Conseil vote des fonds à l'entretien de ces chemins, supprime lesdites prestations, pour le motif que voici "Privation de leurs travaux journaliers, qui risquent à l'entretien de leur famille". Un cantonnier sera employé à cet usage et touchera pour dix mois de salaire 450 francs par an.
Sur décret impérial, le jour de la fête nationale, le 15
Août, sera distribuée la somme de 35 francs, repartie entre les
familles des militaires morts devant l'ennemi 25 francs et 10 francs aux pauvres
du village. Comme d'habitude, cet argent est prélevé sur le budget
communal.
Cette même année, on installe une taxe sur les chiens, après
accord
préfectoral, elle sera la suivante :
Catégorie 1 Catégorie 2 Catégorie 3 |
Chien de luxe Chien de chasse Chien de garde et Berger |
10 francs |
Cette même année, on crée à Ganges un important marché aux cocons. L'industrie de la soie marche très fort, 250 ouvriers et ouvrières du village travaillent dans nos usines au Pont Vieux, si bien que les agriculteurs se plaignent de "manquer de bras" pour la terre. Dans la même lancée sont créées les foires d'Avèze, Rogue, Mondardier, St-Laurent le Minier, et chez nous, plus tard. .
Le Conseil donne son accord le 15 Mai 1859 à la Mairie de Ganges qui souhaite construire un barrage sur l'Hérault pour alimenter plus abondamment la ville en eau. Ce barrage nécessite un appui sur notre territoire communal. Bien sûr, la Mairie donne son accord... mais en compensation "elle demande seulement, et dans le cas de ses besoins, ou par la suite, de profiter du trop plein qui se déverserait dans la rivière". Complément de réponse inutile car Cazilhac, par la suite, aura son alimentation en eau.
Ce qui met en projet la démolition de l'aqueduc (construit en 1778 après l'édification du premier canal) situé sur la route de St-Laurent le Minier à Cazilhac. Son pilier central devenu gênant, sa conduite d'eau aérienne fuyant perpétuellement et forrnant d'énormes plaques de verglas l'hiver conduisent les industriels et les ouvriers à déposer une pétition en la Mairie.







Bureau de bienfaisance
Aide aux indigents (p89)
Malgré cette poussée fantastique de l'industrie, l'abondance de travail hommes, femmes et enfants, un déséquilibre social se creuse entre les productifs et les non-productifs. Autrement dit : "les handicapés" de l'époque, appelés les indigents, dont il est fait mention depuis des lustres, secourus par les Marguillers, la Fabrique et la Mairie, font encore l'objet de l'attention de . l'Etat. Sur instruction du Préfet, les maires doivent assurer gratuitement les services médicaux et les médicaments aux indigents. C'est à cette date qu'est créé le bureau de bienfaisance à Cazilhac pour répertorier les nécessiteux et leur porter secours.
Suite à l'attentat, contre l'Empereur et les siens, le Conseil adresse le message suivant à sa majesté : "Le Conseil adresse son indignation suite à l'attentat commis envers ses Majestés, pour ses jours si précieux, et fait un rempart de son corps pour les protéger".
En 1867, il y a un déficit important du budget communal, plus de 7 000
francs. Les employés municipaux : garde forestier 600 francs, garde
champêtre 450 francs, les 2 instituteurs 1 400 francs, secrétaire
de mairie 650 francs ne sont pas payés pendant 7 mois. Notre service
public est totalement arrêté, plus rien ne fonctionne dans la commune,
mis à part les cultes religieux. On procède d'urgence à
la vente d'une coupe de bois pour combler le déficit.
Plan de la construction de ta Rampe de ta Cire
Projet de voie ferrée et gare à Cazilhac
Ouverturede la ligne Lune-Ganges-Le Vigan (p91)
Nous sommes en 1866, on termine la Rampe de la Cire, nouvelle route Brissac-Ganges livrée à la circulation depuis quelques années. La France développe son réseau de voie ferrée à grande cadence. Sont soumis au Conseil divers projets de construction de ligne de chemins de fer.
En 1862, le 12 Juin, projet Gallargues-Ganges-Le Vigan.
En 1870, Ganges-Montpellier.
Le Conseil donne un avis favorable, un intéressement dans ce dernier projet du fait que Cazilhac, comme Ganges, dépend plus administrativement de Montpellier que de Nîmes. Il propose l'établissement d'une gare à Cazilhac qui faciliterait l'écoulement plus rapide des produits locaux. Il propose même l'arrêt de l'achèvement de la Rampe de la Cire pour une mise de fond sûr ce projet.
En définitive, c'est la ligne de Lunel-Ganges-Le Vigan qui l'emporte, avec son ouvertwe en 1874 et la création de la gare de Ganges. Ce qui n'empêche nullement la poursuite de l'élargissement des chemins à grande communication.
Activités au village et Vie sociale au 19ème siècle (p93)
Dès 1840, nous pouvons dire que de nouvelles orientations sont mises en route dont une d'entre elles, chez nous, est l'exploitation de l'argile. Les autres, situées hors du village, sont aussi porteuses d'emploi. C'est l'extraction du minerai de phosphate de chaux à la Grotte de l'ours et la transformation de cette matière première dans les fours à chaux de Laroque. Nous pouvons lire sur plusieurs budgets municipaux de l'époque tels que : Redevance de 20 francs pour une mine de mercure, 50 francs pour une mine de carbonate de chaux etc... C'est l'exploitation de la pierre lithographique aux Euzes et à Soutayrol d'où subsistent encore quelques vestiges ; l'extraction du minerai de plomb et de zinc à Saint-Laurent le Minier.
Et principalement la sériciculture qui emploie une abondante main- d'oeuvre saisonnière, avec au départ l'élevage du ver à soie et la filature de soierie en fin de parcours.
Il est intéressant de préciser, surtout à nos jeunes lecteurs, que nos anciens se déplaçaient à pied.., et cela par tous les temps, bien souvent mal vêtus, mal chaussés, avec maintes fois leurs outils sur l'épaule, la musette en bandoulière contenant leur maigre pitance, la marmite de soupe d'une main et de l'autre, la canne ou bien une lampe à pétrole ou à carbure. Pour certains d'entre eux, c'était 10 à 15 kilomètres à parcourir pour se rendre et revenir du lieu de travail ; cela 6 jours sur 7, avec un labeur de 10 heures par jour selon la saison et si l'on ajoute les 2 ou 3 heures de route, cela représente beaucoup de temps passé hors de chez soi, pour aller gagner son pain quotidien.
Voilà le portait type du travailleur de force du village au 19éme siècle, et avant aussi certainement... Il faut signaler que la main d'oeuvre se devait d'être polyvalente et s'adapter à tous les travaux agricoles et par ce fait répondre à la demande saisonnière. Il était d'usage que les ouvriers se louent à la saison toujours selon l'offre et la récolte. Pour la saison du ver à soie 60 jours, cueillette des olives 11 jours, vendanges 10 à 15 jours, pour la "rusque" décortication du chêne 20 à 30 jours, pour les châtaigniers 8 à 15 jours. Bûcherons et charbonniers pratiquement toute l'année.
Ouvrons une parenthèse au sujet de l'exploitation à outrance de nos forêts qui tout en apportant un plus au budget de 6 000 francs à 9 000 francs annuel, commençait à décimer notre patrimoine forestier de 180 hectares. Fort heureusement l'arrivée du charbon de pierre va bien l'épargner.
En 1874, avec l'ouverture de la voie ferrée et de la liaison Lunel-Ganges-Le Vigan, notre canton améliore son transport de marchandises et de déplacement en nombre de ses habitants. Soyons conscients que les moyennes "dites rapides" n'excédaient pas 40 kilomètres à l'heure, en comparant avec la diligence, c'était l'actuel T.G.V. Mais tout de même, départ Cazilhac-Ganges-Lunel-Montpellier aller et retour demandait une journée complète...
Les villages comme le nôtre, assez éloignés du chemin de fer, continuaient comme par le passé avant l'arrivée des camions et de voitures automobiles leurs livraisons de matériel ou autres formes de liaisons avec des charrettes, des chars à bancs, des chariots, des tombereaux à 2 ou 4 roues tirés par 1, 2 ou 4 chevaux et même quelques fois par un couple de boeufs. Les déplacements individuels ou collectifs pour les plus fortunés s'effectuaient en calèche et, pour les moins avantagés, avec la sympathique jardinière qui était encore un signe extérieur de confort. Mais empressons-nous d'ajouter que la majorité se déplaçait à pied et nous pouvons dire que nos aînés étaient, par obligation certes, de "sacrés marcheurs".
Nous précisons aussi, dans cette vie de village et cela nous parait
très important de le souligner, que le langage usuel était le
patois, parlé à 90 % particulièrement chez les plus âgés
qui ne savaient pas ou peu parler le Français, et encore moins le lire.
N'oublions pas que l'analphabétisme qui règne dans la région
est de 40 à
70 % et que malgré la présence de 4 écoles publiques filles
et garçons et une école privée, par la suite, notre village
ne peut se soustraire à cette situation. Une lettre de compte concemant,
les ventes et louages d'herbage et de coupe de bois (conservée en Mairie),
-en témoigne, les actes y sont écrits, certes en Français,
mais avec quelques mots d'occitan jusqu'au 16ème siècle et ne
sont guère améliorés au 17ème.
Le sobriquet était de pratique usuelle : très curieux cette façon "d'affubler" telle ou telle personne en fonction de quoi ? Les affligeant ainsi. Quelques fois, l'étymologie de ces mots était bien fondée mais trop souvent dérisoire et humiliante. Par décence, nous n'en citons qu'un seul : l'Aoübret ! Afin de ne pas heurter la sensibilité de leurs descendants. Fort heureusement, cette double application est tombée en désuétude. Quoi que ! Encore... Il est bien difficile de foumir une explication à ce collage d'étiquettes ridicule.
On recense en 1850, 650 habitants répartis en 137 maisons, dont dix maisons de Maîtres. La vie au village nous paraît bien organisée, le travail y abonde toujours. Le choix pour un métier ou une profession est devenu une chose possible à réaliser. On dénombre 56 cultivateurs, vignerons et jardiniers, 10 bûcherons-charbonniers, 1 vannier, 1 roulier (transporteur avec tombereau ou chariot), 4 cordonniers, 7 artisans fabricants de bas de soie, 1 bistrotier, 1 perruquier, 4 enseignants et 200 ouvrières et ouvriers (environ) qui travaillent dans nos filatures ou ouvrages en soie au quartier du Pont.
Les conditions de travail dans ces filatures apparaissent souvent quelque peu inhumaines. Les journées d'été sont calquées sur celle du soleil, c'est-à-dire 16 heures par jour pour les adultes, 12 heures pour les enfants de moins de 16 ans. Chaque ouvrier est porteur d'un livret faisant mention de ses heures d'entrée et de sortie de l'usine. Les ordres sont indiscutables ! La soumission est de rigueur. Cela n'est guère plus confortable pour les travaux agricoles car à cette époque l'exploitation des vignes, des champs ou des forêts est tout à fait rudimentaire avec un même nombre d'heures identique à l'industrie.
Par la suite, à la fin de ce siècle, la loi de 1892 réglementera les heures de travail à 12 heures pour les hommes et 10 heures pour les enfants de moins de 16 ans et 11 heures pour les femmes.
Naturellement aucune protection sociale n'existe, aucune indemnité pour la maladie, le chômage, la vieillesse. Ne parlons pas de congés payés, ces mots-là ne sont pas encore "utilisés" dans le langage du travail.
Translation du cimetière catholique et Distribution du Courrier (p97)
Elle a lieu en 1872, le terrain est acheté à Monsieur BENIQUET.
Par la suite, il subit des agrandissements successifs, avec l'achat de terrains
(1919-
l92l) à Monsieur Sarran. L'ancien cimetière va servir de Jardin
du Presbytère avec allées de buis, plantation d'arbres à
fleurs, jardin potager avec bassin d'eau, ensuite les Kermesses Paroissiales,
la Messe en plein air.., et pour finir comme parking... quelle triste. fin...
Amusante, cette anecdote ! Une plainte des habitants de Cazilhac adressée au service des postes au sujet de la distribution du courtier très tardive. Le facteur desservant la commune, dessert avant, celle de Gomiès, passe par la Serrane, à pied car le chemin est empierré et arrive tardivement au village.
Nous retrouvons d'autres plaintes par la suite, toujours relatives à la distribution de lettres, le facteur fait une partie de sa tournée à Ganges, donc chez nous la distribution est faite à 16 heures et se termine à 18 heures, à croire que le courrier n'abonde pas !
Ensuite c'est la faute du train qui arrive en gare de Ganges à 9 h 1/4, le courrier qui stagne au bureau des P.T.T, n'est distribué que le lendemain. Il y a seulement 630 habitants à Cazilhac.
Construction de Chemins à Moyenne Circulation
Démotition de l'Aqueduc (p99)
A la suite d'une loi votée le 6 décembre 1879, accordant une subvention par l'état de 62 750 000 francs aux communes rurales, en vue de constructions de routes carrossables pour les chemins à moyenne circulation et le développement des chemins à grande circulation, de nombreux chemins sont entrepris et construits dans la commune. Le chemin de la Serrane part de Cazilhac-le-Haut avec rectification de parcours sur le territoire de Coupiac. Estimation du projet en 1881 : 23 791 francs, en 1886 : 33 035 francs. En 1872, est construit le chemin de la Baraquette à Val Marie. De Brancas au Puech Pointu, est classé et élargi le chemin du Mas de Mazel au Coustat. On empierre le chemin de Cazilhac-le-Haut à la Croix des Quatre Chemins, on construit le parapet au Pontil sur le Boulidou.
A l'angle du Pont (Vieux), on démolit l'Aqueduc qui amenait l'eau du canal à Ganges, la circulation devenant de plus en plus active à cet endroit (croisement) avec la descente rapide du pont "gêne des conducteurs d'attelage pour une insuffisance d'espace, pour prendre la direction de Cazilhac". Le petit aqueduc, monté sur le rempart du pont, côté droit, en tuyaux de terre, qui auparavant amenait l'eau à Ganges sur le plan de l'ormeau sera démantelé. Quelques éléments subsistaient encore, il y a une cinquantaine d'années (souvenir d'anciens). Pendant ce temps Cazilhac construit ses citernes aux divers endroits de ses hameaux.