Et si Cazilhac nous contait... ses 20 siècles d'histoires (3/7)
 

retour aux pages 1 à 25, 26 à 50, 51 à 73, 74 à 99, 100 à 129, 130 à 157, 158 à 183, sommaire

Création du Département de l'Hérault (p51)
(Révolution Française)

Nous sommes à la Révolution, et l'assouvissement des passions antagonistes trouble le village. Nous pouvons tous lire sur l'histoire de Ganges, cette phrase pleine de bon sens du Vicaire Rouquette : "Une révolution s'imposait ; elle était devenue nécessaire.... Si le Clergé et la Noblesse avaient compris leur devise, s'ils avaient été au devant des réformes, et des légitimles réclamations de peuple, la révolution n'aurait pas
été sanglante...
...Le torrent populaire a tout emporté...
"

C'est ainsi que l'Eglise est à nouveau saccagée, la cloche descendue de son clocher et brisée. Une grande partie des archives brûlées, l'autre est
sauvée par le desservant de la paroisse, comme le montre le document ci-joint de 1789 à 1791.

"En 1790, la constitution va calquer les Départements Français sur les Diocèses, en prenant soin de ne pas démanteler les provinces."

En 1792 cesse d'exister la Province du Languedoc qui est divisée en 8 départements. Nous n'avons pas encore de Maire "Officiel", c'est toujours le Consul de la commune, Pierre GARRIC, qui est chargé de cette fonction et de gérer la Maison Commune (Mairie).

En 1793, la constitution vote la libération des terres et droits féodaux. Les terres et les biens du clergé ainsi que celles appartenant aux Seigneurs sont mises en vente aux citoyens ; mais cette acquisition est
impossible aux gens du peuple ; elles passent dans d'autres mains, plus argentées, c'est ainsi que vont s'agrandir les domaines, les mas et autres maisons et revendus par la suite aux... nobles.

Naissance de notre département... (p53)
Demande de translation.

L'Hérault anciennement, "ÉRAOÚ" en occitan, fut choisi parmi les deux autres cours d'eau le Lez et l'Orb pour son plus grand parcours et rendu officiel par les lettres du Roy le 22 Mai 1790 (anciennement département de Montpellier). Cette proposition est l'oeuvre des députés du Département, son orthographe fut définitivement fixée par la suite.

Pouvons-nous cautionner sérieusement la version légendaire qui circule dans le canton à ce sujet : dans une époque lointaine (grand Diocése d'Aquitaine sous les Etats Généraux du Languedoc) Ganges aurait été échangé géographiquement contre le Grau du Roy et Aiguës Mortes. Aucun écrit (pour l'instant) ne nous le confirme, mais peut être qu'il y a eu échange entre Diocéses, peut-on porter crédit à cette version !

Ce dont nous sommes certains, c'est ce qui s'est passé à la formation des départements chez nous.

Chacun de nous peut lire dans "Naissance de l'Hérault" que les premières contestations ne tardèrent pas à se manifester et que notre chef lieu de canton fut un des premiers, ce qui valut le titre distinctif à la ville de "Ganges
l'intriguante". Le 4 Décembre 1789, le conseil général de Ganges (dont nous dépendons depuis des lustres) exprime sa ferme volonté : le canton sera compris dans le département de Montpellier ; espérant vivement de devenir Chef de district et qu'il lui soit accordé une justice Royale.

Ganges peuplé de 4 000 habitants est un "Doyenné" situé au centre de vingt-deux Paroisses dont six font partie du futur département du Gard qui sont : Sumène, St-Martial, Roquedur, St-Julien, St-Bresson, St-Laurent. Au point de vue de la topographie (sa position d'enclave), l'orientation vers le Gard aurait été meilleure. Pour preuve, au 13ème et 14ème siècle, le canton de Ganges faisait partie de la juridiction de la Sénéchaussée de Beaucaire (approximativement route Beaucaire - Le Vigan). Notre Chef de Canton indique que juridiquement et administrativement, il dépend de Montpellier et que ses relations commerciales sont excellentes. Il est vrai que Nîmes exerce sur lui une sérieuse concurrence dans le domaine des toiles de Cadis (Laine) et de la sériciculture (Soie). Il y a encore bien d'autres motifs, mais passons !

Le 9 Novembre 1790 moins d'un an après... Déçu dans ses ambitions, de ne pas être nommé chef lieu du district, il
demande à être démembré du département de l'Hérault pour être réuni au département du Gard et... en devenir le Chef lieu de district. Monsieur DUCROS, maire de Ganges, par lettre à la Convention adressée le 3 Février 1792, invoque tout d'abord l'éloignement de plus de dix lieues de Montpellier, ensuite il fait valoir les justes raisons du démembrement de l'Hérault et les avantages que l'on doit attendre du département du Gard. En 1830, le 30 Octobre, la mairie de Ganges, ayant convaincu celle de Cazilhac, elles vont faire ensemble une dernière intervention pour cette distraction avec les mêmes propos : "un avantage inappréciable, intérêts identiques des deux communes" etc. etc. Cette énième requête sera à nouveau rejetée. Peut-être avait-on oublié tout simplement la proximité de notre excellent voisin le Vigan qui a très certainement mis un "veto" à ces demandes successives.

L'ex-régent de la paroisse, le citoyen François TREMOULET est nommé "Officier Public", c'est lui qui prend en charge l'Etat Civil, le Curé ayant été destitué de cette fonction et de port de soutane. Le Consul avec ses agents municipaux gèrent et administrent la commune. Le 21 Juin de l'an 3 de la République, après le vote de la Constitution, rendant la liberté aux cultes et à l'enseignement, l'église est réouverte. Le Curé devient Vice-Officier Public de François TREMOULET. Cette même année, le citoyen GARRIC est nommé officiellement Maire et devient le premier magistrat nommé dans la commune de Cazilhac. Les délibérations du Conseil Municipal se font dans une pièce attenante au Presbytère appelée "Chambre de Délibération". Elle tient lieu de maison commune et son loyer est fixé à 34 francs l'an ; on répare, on embellit cette chambre pendant près de 20 ans...

L'absence brutale d'archives communales, de 1795 à 1800, nous prive d'informations fort intéressantes, pour la raison suivante, c'est le moment où les Ecoles Communales ont commencé à fonctionner et que l'on projette d'acheter la vieille masure du Sieur ROUVIERE à l'Eglise.

Cazilhac... et sa polyculture aux 18ème et 19ème siècle (p59)

C'est une période non négligeable, pour notre village, avec un apport financier appréciable pour les familles nombreuses souvent en difficultés. Notre terroir, aux 17ème et 18ème siècle est en pays d'élevage, nous le savons déjà, et l'on y produit de la laine, matière première, qui à cette époque, sert à la confection des grosses toiles de Cadis ou de Sargas. Le confort vestimentaire se fait ressentir en France. La laine commence à être délaissée, au profit du coton et de la soie, donc mévente de ce produit ; changement de culture oblige.

C'est avec un retard considérable que Cazilhac se dirige sur la production du cocon, et pourtant... c'est avec beaucoup d'ardeur que le village se lance dans la plantation des mûriers et c'est par milliers qu'ils vont être plantés, en bordure des vignes, des chemins et routes communales même, et quelque fois en plein champ.

Rapidement, l'élevage du ver à soie se rentabilise. A noter, un passage à vide qui va perturber pendant 20 ans cette culture, "la pébrine" maladie du ver à soie, qui sévit surtout à partir de 1850. La récolte du cocon devient médiocre et quelques fois nulle. Le découragement gagne peu à peu nos laborieux ancêtres. Mais que faire d'autre? Les mûriers sont en pleine productivité, il est hors de question de les arracher... et s'orienter vers quelle solution de remplacement? La vigne? Il y en a déjà, et le Phylloxéra commence à faire des ravages sur les vignobles. Un sérieux passage à vide...

La maladie du ver à soie vient d'être enrayée, et la production du cocon redémarre aussitôt. Les prix de vente, malgré la suprématie des négociants et filateurs, restent corrects mais sont toujours annoncés après la récolte.

Il y a peu de temps encore, on pouvait apercevoir une barre cintrée qui entourait une grosse branche du platane en face la citeme de la Mairie (que l'on a supprimée sans raison justifiée). A cette ferrure, était accrochée "La Romaine" communale appartenant à la Mairie, elle servait plus particulièrement à la pesée des cocons. Elle était renommée pour sa précision par les acheteurs de cocons qui la considéraient comme officielle et ne voulaient en aucun cas faire la pesée avec un autre instrument de ce genre.

L'ouverture du Canal de Suez en 1869 a introduit plus rapidement les soies grèges. En cette fin de siècle, les prix vont fortement chuter par l'importation massive de la soie orientale, très compétitive sur le marché. Les primes d'état offertes aux filateurs pour le maintien de cette activité ne dureront pas longtemps. Cette culture va s'éteindre tout doucement au fil des années, pour disparaître totalement avec l'apparition de la soie synthétique.

L'arboriculture et son arbre "nourricier" : C'est le châtaignier qui porte à juste raison cette dénomination car la châtaigne faisait partie de la nourriture quotidienne au même titre que la pomme de terre ou les légumes secs. Nous savons également que tout le plateau de la Baraquette jusqu'au Boulidou était une immense châtaigneraie. La maladie de l'encre va atteindre, au 19ème siècle, cet arbre porteur de fruits.

Peu à peu la forêt de châtaigniers va être arrachée pour être reconvertie en vignes ou en céréales. Nos aînés contemporains se souviennent certainement des châtaigneraies du début du siècle qui appartenaient aux familles JEANJACQUES, GOUNELLE, CAUSSE, RIBARD, etc... Seule subsiste encore celle de la famille MARTIN, correctement entretenue, témoin de la véracité de cette importante culture du passé.

L'olivier. Arbre symbolique, mais très apprécié par sa production d'huile. Il avait été décimé, par les fortes gelées au 17ème siècle, mais il a été replanté par milliers de pieds, au bas de nos montagnes à leurs flancs. Sa production est restée effective jusqu'au début de ce siècle et donnait un apport complémentaire aux familles, et puis quel habitant n'avait pas dans sa cave ses jarres en terre pleine d'huile et ses tonneaux remplis d'olives vertes ou noires pour sa consommation personnelle. Encore une culture qui a disparu...

Quelques témoignages d'un passé céréalier où l'on produisait en quantité modérée le blé et le seigle, aux lieux dits tels que l'Aire de Frézal, l'Aire des Lavagnes, etc...

19ème siècle (Invention de l'Electricité) (p63)
Fonctionnement administratif et communal

1800, nous savons que le premier Consul Napoléon nomme les Préfets sur liste de Notables et que les Préfets à leur tour nomment les Maires et désignent les Conseillers Municipaux toujours parmi les notables du village. C'est ainsi que nous trouvons, en 1800 avec la réapparition des archives, la nomination de Jean RIBARD en qualité de deuxième Maire de Cazilhac et de ses neuf Conseillers Municipaux dont un adjoint Pierre FOULQUIER (futur maire), Michel CAMBON, Louis CASTELVIEL (et non De Castelviel), Jacques RIBARD, Pierre DURAND, François GOUNELLE, Guillaume GUIBAL (fils de François Guibal), Pierre GROS et François GUIBAL (père).

Le 15 thermidor de la même année est nommé le Secrétaire de Mairie, en l'occurrence, François TREMOULET qui a déjà occupé les fonctions de Régent des Ecoles Religieuses et de la Paroisse, des fonctions d'officier d'Etat Civil, et qui est instituteur. Il lui sera attribué une somme de cents francs par an pour la bonne tenue de ses livres. Pendant toutes ces années de la première République, rien, absolument rien ne se fait, sans l'accord du citoyen Préfet qui transmet au Directoire Exécutif. Le citoyen Maire, pour toutes exécutions dans sa commune, adjudications d'herbage, vente de coupe de bois, construction d'un puits communal, doit en faire la demande et en obtenir l'accord, même pour arracher quatre mûriers gênants. Demande faite le 23 germinal de l'an 10. Le Percepteur se plaint (déjà) du retard des règlements des contributions directes.

En 1806, le citoyen Préfet reprend son titre de Monsieur ; le citoyen Maire celui de Sieur. Le Sieur Pierre FOULQUIER est nommé le troisième Maire. Après son installation, avec ses conseillers, il fait deux demandes importantes au Préfet.

La première, accord de réparer la Vieille Masure qui sert de maison commune et d'écoles (preuve de leur existence antérieure) ou bien "d'en construire".

La deuxième, la population étant de 466 habitants, répartis en 216 catholiques et 250 protestants, demande un accord pour la construction d'un temple, pour l'église réformée en lui précisant bien qu'il y a 250 protestants dans la commune.

Si on examine de plus près la situation, en 1806 on constate : que le Percepteur a beaucoup de mal à faire rentrer les deniers publics, que notre pays est en guerre, et que l'Etat ne peut nous donner de l'argent. La Mairie et les Ecoles, ainsi que le Temple, devront patienter... quelques décennies pour leur construction ! Le préfet donne tout de même son accord pour réparer la vieille maison.

La même année, les 250 protestants, faisant partie de l'Eglise Réfbrmèe de Ganges, demandent au Conseil de participer à l'agrandissement du Temple de Ganges. Celui-ci, accueillant les Cazilhacois, est devenu trop petit. Le Conseil accorde une aide de 4 000 francs pour l'agrandissement du dit Edifice, construit en 1605 (première construction). Très rapidement, une pétition des 216 catholiques ne se fait pas attendre. Ils réclament la même somme pour l'achat de mobilier et d'objets religieux. Le 21 Janvier 1808, il est attribué au desservant de l'Eglise Catholique une somme de 200 francs, même somme attribuée au desservant de l'Eglise réformée de Ganges, pour son assistance aux Protestants de Cazilhac. Il en sera ainsi par la suite, les sommes allouées aux Marguillers (Comité Paroissial) sont identiques au Consistoire Protestant. Voilà une résurgence imprégnée de cette désastreuse guerre de religion...

La commune a besoin de plus en plus d'argent, il y a les routes ou plutôt les petits chemins à empierrer à changer, créer de nouveaux réseaux, subvenir aux besoins des bâtiments communaux. N'oublions pas que le pays est en guerre et que l'Etat avec ses dépenses ne peut nous venir en aide. Aussi il est effectué une répartition des terres qui sont classées et imposées selon leurs qualités respectives. De la sestérée ou les dextres, nous passons à l'arpent qui est, toujours selon la région, environ 40 ares.

Sont classés :

Hors classes Jardins irrigables 130 arpents
Classe 1 Pâturages et Roseaux 5 arpents
Classe 2 Châtaigniers 64 arpents
Classe 2 Terres Labourables 81 arpents
Classe 2 Vignes 68 arpents
Classe 2 Mûriers 108 arpents
Classe 2 Prés 230 arpents
Classe 2 Bois 40 arpents
Classe 2 Champs 165 arpents

Soit au total 891 arpents qui ramènent à la Mairie 1266 francs de taxes.

Sont taxés également :
- les Mas, et Maisons de Maître : 10 au total qui rapportent 153 francs ;
- les Moulins à Huile, et à Farine, les filatures et ouvrages en soie : 1 100 francs.

Nous avons un aperçu très net de la polyculture dans ce début du 19ème siècle. Les prés et les champs majoritaires, les jardins irrigables, les mûriers "arbres d'or" prouvent que la sériciculture marche très fort, la vigne et le châtaignier. Par contre le domaine forestier est peu important (16 hectares) ce qui nous permet d'avancer, que l'olivier était cultivé en montagne... où le chêne a pris sa place actuellement.

Le 20 Janvier 1811, le Préfet nomme François TREMOULET "au poste de l'instruction, en échange de donner enseignement, à la lecture, l'écriture et l'arithmétique aux classes primaires : Instruction Catholique des Garçons". Il va rester en fonction jusqu'à sa retraite en 1851 après 40 ans passés à ce poste, et recevra les éloges de l'Académie de Montpellier.

1819 Achat de la Maison Rouviére à l'Eglise
Première Mairie - 4 Ecoles communales
(2 Catholiques, 2 Protestantes) (p67)

C'est à la suite d'un conflit qui éclate entre le Sieur ROUVIERE, propriétaire de la maison et de terres au quartier de l'Eglise, et le Comité Paroissial, que va aboutir l'achat de cette maison. Le contenu d'une délibération du Conseil Municipal nous éclaire sur l'origine de cet épisode :
"Le Sieur ROUVIERE a construit un mur contre l'Eglise pour y loger des cochons, volailles et moutons, de plus il a fait plantations d'arbres qui par la suite gêneront le jour aux vitraux, privant ainsi l'Eglise de lumière... Ceux-ci incommodant la maison de Dieu, et détournant les fidèles de leurs pieuses dévotions... " fin de citation.

Après quelques tractations, la commune achète la Grande Maison, sa cour mitoyenne avec le Presbytère, son four à pain, et le puits pour la somme de 4 000 francs... Le Sieur ROUVIERE s'oblige à donner passage dans son champ aux processions de solennité. Ainsi naît officiellement la première Mairie avec ses 4 Ecoles Communales, 2 Catholiques filles et garçons, 2 Protestantes filles et garçons, avec instituteurs communaux et institutrices, des 2 religions différentes. On va profiter de cet achat pour démolir le grand Colombier du Presbytère "pour avoir du jour", les pierres récupérées vont servir à rehausser les murs du cimetière (l'ancien, actuel parking), et à l'établissement d'un banc municipal dans l'église.

Le 25 Mars 1813, Monsieur le Comte de CASTELVIEL est nommé Maire et prête serment à l'Empereur : "Je jure fidélité à l'Empereur et obéissance à la constitution". (Les Conseillers et Agents Administratifs en faisaient de même). Il est destitué par le Préfet de l'Hérault le 4 Août 1815.

"Le repos hebdomadaire redevient le Dimanche, le 7 Juin 1814 un décret ordonne l'observation obligatoire et rigoureuse du Dimanche et des fêtes religieuses. Il est expressément défendu de travailler ces jours là. Depuis la révolution le repos était tous les 10 jours avec interdiction de faire grève ou de quitter son lieu de travail sans motif valable." Est-il nécessaire de mentionner que les journées de travail, pendant la saison étaient de 12 heures par jour et de 8 à 10 heures pour les enfants selon leur âge.

Nous allons changer de Maire trois fois de suite de 1813 à 1818 à la suite de transmission d'ordonnance par le Roi Louis XVIII au Préfet, qui décrète l'annulation des élections des maires : "en anticipant l'élection, qui doivent s'effectuer en 1818, en l'avançant en 1816". Ces années-là, on destitue pas mal dans notre commune, tour à tour Garde Champêtre, Garde Forestier. Il est vrai que la France traversa de fortes turbulences politiques, la Révolution, la République, l'Empire, la Royauté. Quatre régimes totalement divergents en 23 ans. C'est beaucoup trop pour Cazilhac qui vit dans une région calme, malgré tout à l'abri de ces cahots.

Etablissement des Hameaux, leurs compositions (p69)

En 1820, Cazilhac compte 490 habitants et se constitue de deux hameaux :
- hameau de l'Aire de Frézal qui comprend le village haut (la Cathédrale), le Crès, le Petit Paris, le Mas de Merle, le Mas de Baudran, le Lac et les Aires, la Tuilière.
- hameau du Mas de La Roque qui comprend le Mas de Lasalle (le Castellas), Mas Viala, Brancas (ancien Mas), le Pont, Barbo et Fangouse, Baraquette (ancienne la Baraque), l'Eglise et le village bas (la Plaine).

En 1822, il se produit un fait intéressant que nous devons connaître. La Fabrique (anciennement Marguillers), Comité Paroissial, demande la réinstallation de la cloche à l'église ; celle-ci avait été descendue de son clocher et brisée sous la Révolution Française. "La fabrique se réfère au rôle qu'elle doit jouer comme par le passé pour appeler les fidèles à leur dévotion. La cloche communale, elle, sert beaucoup plus les employeurs que les habitants, et le son n'est perçu que par un petit nombre d'entre eux, pas à ceux trop éloignés de la commune." Relation, entre la Mairie et l'Eglise, légèrement tendue cette année-là...

Le 12 Mai 1828, le Garde Forestier à cheval de Gignac est chargé par le Conseil de la délimitation de la forêt de Cazilhac devenue très importante. Toujours mesurée en arpents, avec "repère d'époque, une pierre plantée au nord, un rocher au sud en limite de...". Encore une fois la contestation ne se fait pas attendre... (cela devient presque une habitude). Le rapport du Garde Forestier est le suivant :
- 1043 arpents de forêts dont 317 communaux,
- 726 appartiennent aux particuliers.
Le rapport des taxes, mais surtout des ventes de coupe communale, amènera aux recettes budgétaires 14 675 francs à l'année. Par la suite un
décret de Louis Philippe ordonnera à la Mairie de conserver en permanence un quart en réserve de sa forêt sur tout le domaine communal, sans doute pour freiner l'exploitation exagérée due à la demande constante de ce matériau et de ce combustible. L'emploi de la pierre à charbon faisait à peine sa pénétration et son transport par voie ferrée était inexistant chez nous.

1830 - création de chemins àgrande circulation
Délimitatton du Territoire communal
Projet et Construction du Temple et du Cimetière Protestant (p71)

C'est pendant ces années-là que sont construits ces grands chemins dits "à grande circulation" ; notamment de Ganges à Brissac, par le Col de la Cire Neuve (l'actuel), le chemin de la Croix de Quatre Chemins, à la Baraquette est élargi par la même occasion. Tous les anciens chemins sont pratiquement abandonnés et serviront de
drailles pour les troupeaux par la suite.

Le 21 Août 1830, Monsieur Barthélémy GUIBAL est établi maire du village et prête le serment d'usage au Roi Louis XVIII : "Je jure fidélité au Royaume, obéissance à la Charte Constitutionnelle et aux lois du Royaume".

L'établissement de la Poste Rurale va amener la suppression du messager du village, "poste devenu inutile" précise le Conseil.

On construit le Four communal sur la Place du Crès. Le 12 Décembre de très fortes gelées causent des dégâts importants à la vigne et aux oliviers. Le chômage va affecter une grande partie de la population agricole. Le Conseil vote une allocation de 800 heures de travail pour les chômeurs, destinée aux travaux publics de la commune. La Fabrique (Comité Paroissial) y contribue en apportant son aide aux indigents.

En 1832, à la suite de diverses contestations, on définit les limites entre Saint-Laurent Le Minier et Cazilhac (Gard-Hérault). La Vis formant une limite naturelle sera acceptée des deux parties.

Contestations de la Mairie de Brissac qui "accuse" Cazilhac d'empiéter sur son territoire... La Mairie de Cazilhac s'en réfère au décret de 1540 qui avait délimité son Compois sous le Seigneur du village ; elle fait référence à une oliveraie et un mur épais en pierre sèche qui auraient servi de limites "autrefois" sur le versant Sud côté Brissac, trajet des anciens chemins Ganges, Agonès et Brissac. Mais la Mairie reconnût que le plan du Géomètre en Chef du cadastre n'est pas exact, que les sestérées et les dextres étaient toujours portées en dessous de leur réalité, etc...

Après discussions, un accord est conclu, et on prend pour délimitation les repères naturels d'antan ! "La ligne séparative et définitive sera de la crête du rocher, à partir du Col de la Siniole, passant par le quartier des Gravasses, le Gros Rocher du Coustat, le Col de la Cire, le sommet de la Luzette (ancienne auberge), pour arriver à la Croix du Calvaire, à mi-pented u grand domaine du Fesquet". Voici une perfection de limite, tout à fait claire ! A un hectare près.

Ce siècle est débordant de projets de toutes sortes. Cazilhac connaît un épanouissement économique important malgré les surprises naturelles, le gel, la grêle, les inondations, les hauts et les bas de ses filatures, qui font subir aux habitants tantôt abondance tantôt privation, mais force est de constater son développement, nous sommes 509 habitants. On continue toujours à créer de nouveaux chemins de moyenne communication, chemins à un collier, d'autres plus importants à deux colliers pour les grandes communications. En 1827, suite à la remarque faite par le Comte de CASTELVIEL du chemin privé dans sa propriété que toute la population emprunte illégitimement, le chemin de l'église à la Plaine est construit ; pour éviter toutes discussions possibles.

En 1832, projet de construction du Temple et du cimetière Protestant. La construction du Temple est entreprise le 10 Novembre 1838 et sera stoppée par manque de fonds. Il est achevé en 1842. Les dépenses prévues par Monsieur BLANC Architecte (6 000 francs) sont largement dépassées puisqu'elles atteignent 9 180 francs. La Mairie participe en octroyant la somme de 3 000 francs pour l'achat de la cloche et autres dépenses. On projette l'achat d'un terrain pour la construction du cimetière protestant. Ce projet sera revu deux fois, l'achat du terrain dans un premier temps à Messieurs ANGIJIVIEL et BASTIDE pour 500 francs. Ce terrain sera échangé par la suite, "la communauté protestante souhaitant le voir situé près de leur futur temple" (en projet).

En 1840, les Notables protestants de Cazilhac, avec les fidèles, demandent au Ministre de la Justice et du Culte la création d'un poste de Pasteur à Cazilhac avec mission de desservir l'Eglise réformée de Gorniès, avec une indemnité de logement "si la Mairie ne peut point le loger". Afin de résoudre ce petit problème, est achetée la maison de Monsieur GOUNELLE, 4 000 francs, pour servir de presbytère au desservant de l'Eglise réformée avec les achèvements des travaux du cimetière et du temple, cette même année en 1842.

En 1875, on clôture le cimetière protestant, resté plus de 40 ans sans protection. Il sera agrandi en 1883 et 1896, le montant des travaux s'élève à 2 500 francs. .

Une toute petite precision à ajouter, Monsieur GOUNELLE est maire de Cazilhac depuis 1835 et le reste jusqu'en 1844. On procède à l'agrandissement de l'église catholique en 1846, montant des travaux 7 000 francs.

ajouter mon commentaire

×

Laisser un commentaire

 :

car je ne suis pas un robot
 :
 0 /20
 :
 0 /50
 :
 0 /50